Les Émirats arabes unis (EAU) confirment leur ambition de devenir un hub mondial des actifs numériques. En 2025, plusieurs dispositifs juridiques majeurs sont venus structurer et sécuriser l’écosystème des crypto-actifs, ouvrant des perspectives attractives pour les résidents étrangers, notamment les Français.
Un cadre réglementaire en pleine maturation aux Émirats arabes unis
Deux évolutions réglementaires majeures dessinent la nouvelle architecture juridique des crypto-actifs aux Émirats arabes unis :
- L’entrée en vigueur de la Federal Decree Law No. 6 of 2025, qui étend la régulation des crypto-services, incluant les plateformes d’échange, les services de paiement, la DeFi et les stablecoins, sous l’autorité de la Banque centrale des Émirats arabes unis. Ce cadre impose des obligations de licence et prévoit des sanctions significatives pour les opérateurs non autorisés.
- L’alignement des Émirats arabes unis sur le Crypto-Asset Reporting Framework (CARF) de l’OCDE, qui imposera, à compter de 2027, la transmission d’informations fiscales relatives aux transactions et portefeuilles de crypto-actifs, dans une logique de coopération internationale accrue.
Parallèlement, des autorités spécialisées telles que la Virtual Assets Regulatory Authority (VARA) à Dubaï et la Financial Services Regulatory Authority (FSRA) à Abu Dhabi proposent des régimes de licences clairs et structurés pour les prestataires de services liés aux actifs numériques.
Comparaison avec le régime français
Le cadre juridique français et européen a, ces dernières années, considérablement renforcé ses exigences. Les détenteurs de crypto-actifs sont soumis à des obligations déclaratives étendues, tandis que les plateformes font l’objet d’une régulation stricte et que le contrôle des portefeuilles auto-hébergés s’est intensifié.
Ces mesures poursuivent des objectifs légitimes de lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment de capitaux, mais elles alourdissent la gestion administrative et fiscale des revenus issus des crypto-actifs pour les particuliers.
Une fiscalité plus favorable aux Émirats arabes unis
À l’inverse, les Émirats arabes unis n’imposent ni impôt sur le revenu ni taxe sur les plus-values personnelles réalisées sur les crypto-actifs détenus ou négociés par des résidents.
En outre, de nombreuses transactions en crypto-actifs demeurent exonérées de TVA, ce qui constitue un avantage fiscal significatif pour les investisseurs individuels comme pour les entrepreneurs du secteur.
Avantages pour les résidents français aux Émirats arabes unis
Pour les expatriés français établis aux Émirats arabes unis, ce nouvel environnement réglementaire présente plusieurs avantages :
- Clarté juridique et sécurité des opérations : l’obtention de licences locales pour les plateformes et services crypto renforce la crédibilité réglementaire des activités, qu’il s’agisse de trading, de conservation d’actifs ou de services financiers innovants.
- Fiscalité personnelle attractive : l’absence d’imposition directe sur les gains en crypto-actifs constitue un levier d’optimisation pour les particuliers structurant leurs investissements ou leurs activités professionnelles depuis les Émirats arabes unis.
- Écosystème institutionnel structuré : la possibilité pour les banques et institutions financières de proposer des services liés aux crypto-actifs (courtage, conservation, financement) offre un environnement plus intégré que celui actuellement disponible en France.
Trouver l’équilibre entre innovation et régulation
L’évolution du cadre juridique applicable aux crypto-actifs aux Émirats arabes unis traduit une volonté de concilier innovation technologique et intégration dans les standards internationaux, notamment en matière de transparence fiscale et de lutte contre le blanchiment.
Si la réglementation émirienne apparaît plus permissive et fiscalement avantageuse que le régime français pour les personnes physiques, elle incite néanmoins à repenser la structuration juridique des activités et des investissements en crypto-monnaies.
Une analyse juridique personnalisée demeure toutefois indispensable pour naviguer dans cet environnement en constante évolution, notamment en ce qui concerne la constitution de sociétés, l’obtention de licences et les coûts associés à ces démarches.