Un événement majeur du dialogue économique France-GCC
Les 18 et 19 juin derniers, la quatrième édition de Vision Golfe s’est tenue au Ministère de l’Économie à Paris, sous le haut patronage du Président de la République. Organisé par Business France, avec le soutien des principaux acteurs institutionnels français et des pays du Golfe, cet événement s’est imposé comme la plateforme du dialogue économique entre la France et les États du Conseil de Coopération du Golfe.
Pour la deuxième année consécutive, Pierre‑Yves LUCAS, associé de notre cabinet, a participé à cette rencontre exceptionnelle réunissant ministres, dirigeants d’entreprises, investisseurs et experts de premier plan. Cette édition 2026 marque incontestablement une montée en gamme, tant par le nombre des participants que par la qualité des échanges et le niveau particulièrement élevé des intervenants.
Nous adressons nos remerciements aux organisateurs, en particulier à Business France, à Bpifrance et à l’ensemble des institutions mobilisées pour faire de cet événement un succès.
Une relation France-GCC en profonde évolution
Au‑delà des sujets traditionnellement abordés – investissements, infrastructures, transports, énergie ou encore culture –, Vision Golfe a également permis de mesurer l’évolution de la relation entre la France et les pays du Golfe.
Il y a encore quelques décennies, cette relation reposait principalement sur des contrats de fourniture d’équipements, de technologies ou de services. Puis sont venues les phases d’exploitation, de maintenance et d’accompagnement opérationnel.
Progressivement, cette logique contractuelle a laissé place à une véritable coopération économique intégrée, fondée sur des partenariats de long terme, des investissements croisés et une vision commune du développement.
Des thématiques en mutation : ESG, IA, résilience
Cette transformation s’est également traduite dans les thèmes successivement mis à l’honneur lors des grandes rencontres économiques franco‑golfiques.
Il y a quelques années, l’accent était mis sur le développement durable et les objectifs ESG (Environnement, Social et Gouvernance). L’an dernier, l’intelligence artificielle occupait naturellement le devant de la scène. Aujourd’hui, un nouveau concept s’impose : celui de la résilience.
L’actualité géopolitique régionale a incontestablement accéléré cette évolution. Les tensions récentes au Moyen‑Orient, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les enjeux énergétiques ou encore les risques cybernétiques ont rappelé une réalité fondamentale : dans un monde incertain, la performance économique ne se mesure plus seulement à la capacité de croître, mais également à celle de résister aux chocs et de poursuivre son développement malgré eux.
La résilience : un nouveau principe structurant
La résilience est ainsi devenue un véritable principe structurant des politiques publiques et des stratégies d’entreprise. Dans les pays du Golfe, elle se traduit par :
- le renforcement des dispositifs de conformité,
- la sécurisation des infrastructures critiques,
- la protection des chaînes logistiques,
- l’accélération de la transformation numérique,
- le développement d’une souveraineté économique ouverte sur le monde.
Cette évolution ne constitue pas un repli. Bien au contraire.
La résilience n’est pas l’opposé de la croissance ; elle en est désormais la condition. Les économies les plus attractives seront demain celles capables d’offrir simultanément stabilité, sécurité juridique, innovation et capacité d’adaptation. Les États du Golfe l’ont parfaitement compris. Leur ambition n’est pas de réduire leur ouverture internationale mais de rendre celle‑ci plus robuste, plus durable, plus performante et plus souveraine.
Des relations France–GCC plus stratégiques que jamais
Dans ce contexte, les relations entre la France et les pays du Golfe apparaissent plus stratégiques que jamais. Elles reposent désormais sur des intérêts économiques convergents, mais également sur une vision partagée des grands défis du XXIe siècle : transition énergétique, transformation technologique, intelligence artificielle, sécurité des infrastructures et résilience des économies.
Vision Golfe 2026 aura ainsi confirmé une tendance de fond : après l’ère des contrats, puis celle des partenariats, s’ouvre désormais l’ère de la résilience. Une résilience qui ne se limite pas à la gestion des crises, mais qui constitue aujourd’hui l’un des principaux moteurs économiques pour l’avenir.